Vous avez peut-être remarqué ça : un produit coûte cher, puis d’un coup, une version moins chère apparaît, et le prix tombe comme une pierre. Ce n’est pas une coincidence. C’est ce qu’on appelle le premier entrant générique. Et ça change tout.
Qu’est-ce qu’un premier entrant générique ?
C’est la première fois qu’un concurrent lance une version alternative d’un produit déjà sur le marché, souvent après que le brevet a expiré ou que quelqu’un a réussi à le copier techniquement. Dans le domaine pharmaceutique, c’est clair : quand un médicament breveté devient générique, son prix peut chuter de 76 % en six mois. Mais ce phénomène n’est plus réservé aux pilules. Il touche maintenant les logiciels, les appareils électroniques, et même les services cloud.Imaginez un logiciel d’entreprise qui coûte 50 000 € par an en licence. Puis, un jour, une petite startup lance une version compatible, gratuite pour les petites équipes, et à 40 % moins cher pour les grandes. D’un coup, tout le monde se demande : pourquoi payer autant ?
Comment ça marche ? La logique du prix
Les entreprises qui détiennent un produit exclusif ont longtemps pu fixer des prix élevés. Pourquoi ? Parce qu’il n’y avait pas d’alternative. C’était comme avoir un monopole. Mais dès qu’un premier entrant générique arrive, cette illusion disparaît.Les consommateurs, surtout les entreprises, ne veulent plus payer pour du luxe. Ils veulent de la valeur. Et un entrant générique, même s’il n’est pas parfait, offre 80 à 90 % des mêmes fonctionnalités. C’est suffisant. Un client n’a pas besoin de 100 % de ce que propose un logiciel premium s’il peut faire son travail avec 85 % et économiser 60 % d’argent.
Les données le prouvent. Dans l’électronique, un téléviseur Sony haut de gamme qui coûtait 1 799 € en 2015 est tombé à 899 € en un an après l’arrivée de concurrents. Dans les logiciels, les entreprises qui ont migré d’Oracle à PostgreSQL ont réduit leurs coûts de licence de 78 %. Ce n’est pas une exception. C’est la règle.
Les leviers qui permettent ces baisses de prix
Pourquoi les entrants génériques peuvent-ils vendre si peu ? Parce qu’ils n’ont pas les mêmes coûts.- Ils n’ont pas à payer les frais de R&D pour créer le produit depuis zéro.
- Ils n’ont pas besoin de financer des campagnes marketing massives pour faire connaître une marque.
- Ils utilisent des technologies open source comme Linux, Apache ou Kubernetes, qui sont gratuites.
- Ils font souvent le développement dans des pays où les salaires sont plus bas.
Le résultat ? Des coûts de production 25 à 40 % plus faibles. Et comme ils n’ont pas de rentabilité à protéger comme un grand groupe, ils peuvent se permettre de lancer à un prix bas dès le départ. C’est une stratégie claire : attirer le plus de clients possible rapidement, puis monter en gamme avec des services payants.
Les entreprises établies n’ont pas d’autre choix que de baisser les prix
Quand un nouveau concurrent arrive avec un prix 50 % plus bas, les géants ne peuvent pas rester impassibles. Ils doivent réagir. Sinon, ils perdent des clients. Et pas seulement quelques-uns. Des dizaines, voire des centaines.Microsoft l’a appris avec Azure SQL Database. Face à la pression des alternatives open source, il a changé son modèle de tarification en 2022 : il est passé d’un système de licence fixe à un système basé sur la consommation. Résultat ? Une baisse effective de 35 % pour les entreprises de taille moyenne.
Ce n’est pas un geste philanthropique. C’est une survie. Gartner a montré que 72 % des acheteurs d’entreprise privilégient maintenant le coût total d’utilisation plutôt que la marque. Si vous êtes un fournisseur et que vous ne réagissez pas, vous devenez obsolète.
Les pièges des entrants génériques - ce qu’on ne vous dit pas
Ce n’est pas tout rose. Un prix bas, c’est bien. Mais il y a des risques.- Le support technique est souvent moins réactif. Les grandes entreprises ont des équipes dédiées 24/7. Les startups, elles, ont parfois un chat Discord.
- La documentation peut être moins complète. Vous devrez peut-être passer 20 à 30 % de temps en plus à configurer le logiciel.
- La migration des données est un cauchemar. 62 % des entreprises font appel à des prestataires externes pour ça.
Et certains entrants génériques ne sont que des « pièges à prix ». Ils vous font croire que vous économisez, mais ensuite, ils vous facturent des modules supplémentaires, des mises à jour, ou des intégrations. Le prix initial est un appât. Le vrai coût arrive plus tard.
La clé ? Vérifiez ce que vous payez vraiment à long terme. Pas juste le prix de départ.
Comment réagir si vous êtes un client ?
Si vous êtes une entreprise qui cherche à réduire ses coûts, voici ce qu’il faut faire :- Identifiez les logiciels ou produits que vous utilisez et qui coûtent cher.
- Cherchez les alternatives open source ou les nouveaux entrants sur des plateformes comme G2 ou Capterra.
- Lisez les avis : 63 % des utilisateurs disent avoir gardé l’alternative parce qu’elle leur a fait économiser sans perdre en performance.
- Testez en petit. Ne migrez pas tout d’un coup. Commencez par un service, un département.
- Calculez le retour sur investissement : 81 % des entreprises qui ont adopté un entrant générique ont vu un ROI en 6 à 9 mois.
Et surtout, ne laissez pas la peur vous bloquer. Les outils modernes sont de plus en plus fiables. PostgreSQL remplace Oracle. Nextcloud remplace SharePoint. LibreOffice remplace Microsoft Office. Et ça marche.
Et si vous êtes un fournisseur ?
Si vous êtes celui qui vend un produit cher, il est temps de changer de modèle. La guerre des prix est perdue d’avance. Ce n’est pas la peine de lutter contre la tendance. Il faut la devancer.- Passer à un modèle d’abonnement ou de consommation (payez ce que vous utilisez).
- Proposer une version gratuite avec des fonctionnalités de base - comme MongoDB l’a fait avec Atlas.
- Transformer votre support en service premium : les clients sont prêts à payer pour une aide réelle.
- Intégrer des standards ouverts pour faciliter la migration vers vos concurrents - oui, vous avez bien lu. C’est ce que l’UE exige maintenant avec son Digital Markets Act.
Les entreprises qui ont réussi cette transition, comme Atlassian ou Red Hat, ne vendent plus de licences. Elles vendent de la sécurité, de la simplicité, et du soutien. Le logiciel, lui, est devenu un moyen, pas une fin.
Le futur : tout va s’accélérer
En 2010, il fallait 18 mois pour qu’un produit générique arrive après un brevet. Aujourd’hui, c’est 6 mois. Et en 2027, selon ARK Invest, les alternatives open source vont capturer 35 % du marché des logiciels d’entreprise.Les barrières à l’entrée ont fondu. Le cloud, les conteneurs, les API ouvertes - tout ça rend plus facile que jamais de copier, adapter et lancer un produit compétitif.
Le prix n’est plus une question de marque. C’est une question de valeur. Et la valeur, aujourd’hui, se mesure en euros économisés, pas en logos affichés.
Si vous ne vous adaptez pas, vous allez disparaître. Ce n’est pas une menace. C’est une réalité qui s’écrit chaque jour, dans chaque secteur, à chaque lancement.
Pourquoi les prix baissent-ils si vite après l’arrivée d’un entrant générique ?
Les entrants génériques n’ont pas les mêmes coûts que les créateurs originaux : pas de R&D à financer, pas de marketing massif, pas de brevets à entretenir. Ils utilisent des technologies open source et des ressources moins chères. Cela leur permet de lancer à 40 à 60 % moins cher. Une fois qu’un client voit qu’une alternative fonctionne, il ne veut plus payer le prix d’origine. Les entreprises établies sont alors forcées de baisser leurs prix pour rester compétitives.
Les produits génériques sont-ils aussi fiables que les originaux ?
Oui, dans la plupart des cas. Les premiers entrants génériques ciblent 80 à 90 % des fonctionnalités principales du produit original. Pour la plupart des entreprises, c’est suffisant. Des études montrent que 63 % des utilisateurs changent pour des alternatives parce qu’elles offrent les mêmes performances à un prix bien plus bas. Certains signalements de problèmes de support ou de documentation existent, mais ces lacunes se ferment rapidement grâce aux communautés open source et aux services tiers.
Est-ce que les entrants génériques sont juste une solution temporaire ?
Certains le sont, mais pas tous. Les premiers modèles étaient souvent des « solutions de remplacement » avec des limites. Aujourd’hui, beaucoup d’entrants génériques sont des produits matures, soutenus par des entreprises ou des communautés actives. PostgreSQL, par exemple, est utilisé par des géants comme Apple et Instagram. Ce n’est plus une alternative : c’est une norme. Le vrai danger, c’est de croire qu’un prix bas signifie une qualité basse - ce n’est plus vrai depuis longtemps.
Comment savoir si un logiciel générique est prêt à être adopté ?
Regardez trois choses : les avis sur G2 ou Capterra (plus de 4,5 étoiles sur 5), la taille de la communauté (plus de 10 000 contributeurs ou utilisateurs actifs), et la présence de services professionnels autour du produit. Si une entreprise propose un support payant, des formations ou des certifications, c’est un bon signe. Évitez les solutions sans aucune documentation ou sans communauté visible. La transparence est la meilleure garantie de durabilité.
Quels sont les secteurs les plus touchés par cette tendance ?
Les secteurs les plus touchés sont les logiciels d’entreprise (bases de données, CRM, ERP), les appareils électroniques grand public (téléviseurs, écouteurs), et les services cloud. Mais la tendance s’étend maintenant à la santé (logiciels médicaux), à la finance (plateformes de paiement), et même à l’industrie (logiciels de gestion de production). Partout où il y a un produit coûteux et un besoin de fonctionnalité, un entrant générique peut arriver.
Que faire maintenant ?
Si vous êtes client : examinez vos dépenses logicielles. Identifiez un outil coûteux. Cherchez une alternative. Testez-la. Vous pourriez économiser des milliers d’euros sans sacrifier la qualité.Si vous êtes fournisseur : réinventez votre modèle. Ne vendez plus un produit. Vendez une solution, un accompagnement, une sécurité. Le prix ne sera plus votre seul atout - mais il ne sera plus non plus votre seule faiblesse.
Le marché a changé. Les prix ne vont plus remonter. Ceux qui comprennent ça avant les autres gagnent. Les autres, ils disparaissent.
Danielle Bowern
Je viens de passer de Salesforce à HubSpot Free... et je peux vous dire que je n'ai pas regretté une seule seconde 😊
James Fitzalan
C'est la même chose avec les téléviseurs ! J'ai acheté un Samsung il y a 3 ans, maintenant j'en vois à la moitié du prix avec la même résolution... les géants sont en train de se faire manger vivants 🤯
Jean-Pierre Vanfürt
Vous croyez que c'est juste de la concurrence ? Non. C'est une guerre économique orchestrée. Les grandes entreprises laissent faire pour détruire les petits acteurs locaux... puis elles rachètent les alternatives au prix de l'or. Vous ne voyez pas le piège ?
Mathieu MARCINKIEWICZ
j'ai testé nextcloud pour remplacer dropbox et franchement c'est une révolution... sauf que j'ai perdu 2 semaines à configurer tout ça 😅 mais maintenant je suis libre et je paye rien... les gens ont peur du changement mais c'est la seule voie
André Dellara
Je tiens à souligner, avec la plus grande considération, que cette transition vers les alternatives génériques représente non seulement une évolution technologique, mais aussi une révolution éthique dans la manière dont nous concevons la propriété intellectuelle et l'accès aux outils numériques. Merci pour cet article très éclairant.
Jacque Meredith
Si tu utilises un logiciel gratuit, tu es le produit. Point final.
Yannick Lebert
Ah oui bien sûr... les open source c'est la vie. Sauf que quand ça plante, t'as personne à qui crier dessus... sauf la communauté... qui t'envoie un lien vers un post de 2014 sur Stack Overflow 🤡
Claire Macario
La tendance est inéluctable. Les modèles économiques anciens sont obsolètes. Le prix n'est plus un indicateur de qualité. La transparence, la communauté, la durabilité... voilà ce qui compte maintenant. C'est une évolution naturelle, presque biologique.
ninon roy
tu penses que postgresql c'est mieux quoracle ? t'es sérieux ?
Frédéric Nolet
j'ai migré tout mon bureau sur LibreOffice il y a 2 ans... et je peux dire que mes collègues ont arrêté de me traiter de fou. Même les vieux qui disaient que c'était impossible ont fini par admettre que ça marchait mieux que Word !
Charles Goyer
Tu as raison de douter. Mais regarde les chiffres : 81 % de ROI en moins de 9 mois. C’est pas de la chance. C’est de la stratégie. Et si tu attends que tout soit parfait, tu perds déjà.
jacques ouwerx
Tu sais ce qui est drôle ? Les entreprises qui disent que les alternatives sont trop risquées... c'est souvent celles qui ont les plus gros budgets marketing. Elles ont peur que tu compares.
armand bodag
La vraie question n'est pas de savoir si les alternatives sont bonnes. La vraie question est : qui contrôle les données ? Qui détient les algorithmes ? Qui décide de ce que tu peux faire ? Les géants ne vont pas laisser leur monopole sans lutter. Et ils ont les lois de leur côté.
Arnaud Bourgogne
C'est la globalisation en action. Les Français qui paient cher pour des logiciels américains... pendant que les Chinois et les Indiens fabriquent les alternatives. On est en train de se faire déposséder de notre souveraineté numérique. Et personne ne parle de ça.