Les inhibiteurs SGLT2 ont transformé la prise en charge du diabète de type 2. Ce n’est plus juste un traitement pour abaisser la glycémie. Ils protègent le cœur, les reins, et aident à perdre du poids - tout en réduisant le risque d’hypoglycémie. Mais ils ne sont pas sans danger. Pour qui sont-ils vraiment utiles ? Et quels sont les effets secondaires qu’on ne vous dit pas toujours ?
Comment fonctionnent les inhibiteurs SGLT2 ?
Plutôt que de stimuler l’insuline ou de rendre les cellules plus sensibles à celle-ci, les inhibiteurs SGLT2 agissent directement sur les reins. Ils bloquent une protéine appelée SGLT2, responsable de la réabsorption du glucose dans l’urine. En bloquant cette protéine, le corps élimine naturellement entre 40 et 100 grammes de sucre par jour. Cela fait baisser la glycémie sans forcer le pancréas. C’est pourquoi ces médicaments ne causent presque jamais d’hypoglycémie, contrairement à la sulfonylurée ou à l’insuline.
Les quatre principaux inhibiteurs SGLT2 disponibles sont : empagliflozin (Jardiance), dapagliflozin (Farxiga), canagliflozin (Invokana) et ertugliflozin (Steglatro). Chacun a des doses spécifiques, mais tous fonctionnent de la même manière. Leur effet sur la glycémie est modéré : une réduction de l’HbA1c de 0,5 à 1 % en moyenne. Ce n’est pas le plus puissant, mais c’est le plus sûr pour le cœur.
Les bénéfices qui ont changé la médecine
En 2015, les inhibiteurs SGLT2 étaient des traitements de troisième ou quatrième ligne. Aujourd’hui, l’American Diabetes Association les recommande en première ligne pour les patients ayant une maladie cardiaque, une insuffisance cardiaque ou une maladie rénale chronique. Pourquoi ? Parce que les essais cliniques ont montré des résultats inattendus.
L’essai EMPA-REG a révélé qu’empagliflozin réduisait le risque de décès cardiaque de 38 % chez les patients à haut risque. L’essai CREDENCE a montré que canagliflozin réduisait de 30 % le risque de dialyse, de perte totale de fonction rénale ou de décès lié aux reins. Ces résultats n’ont pas été vus avec aucun autre médicament pour le diabète.
Les inhibiteurs SGLT2 réduisent aussi les hospitalisations pour insuffisance cardiaque de 30 à 35 %, même chez les patients sans diabète. L’essai DAPA-HF a prouvé que dapagliflozin améliorait la survie chez les patients atteints d’insuffisance cardiaque à fraction d’éjection réduite - avec ou sans diabète. C’est une révolution. Aujourd’hui, les cardiologues les prescrivent pour leur effet sur le cœur, pas pour leur effet sur la glycémie.
Les risques réels - et ceux qu’on sous-estime
Les bénéfices sont impressionnants, mais les risques existent. Le plus fréquent : les infections génitales. Environ 1 personne sur 10 développe une mycose vaginale ou du balanite. C’est dû à la présence de sucre dans l’urine, qui crée un environnement propice aux champignons. Cela peut être gênant, mais pas grave. Il suffit d’un traitement antifongique local.
Les infections des voies urinaires sont aussi plus fréquentes : 5 à 9 % des patients contre 4 % chez ceux qui prennent un placebo. Elles sont généralement légères, mais peuvent devenir sérieuses chez les personnes âgées ou celles ayant déjà des problèmes rénaux.
Le risque le plus grave, mais rare, est la cétose acido-diabétique euglycémique (euDKA). Ce n’est pas une hypoglycémie. C’est un déséquilibre métabolique où le corps produit trop de corps cétoniques, même si la glycémie est normale ou légèrement élevée. Cela peut arriver pendant une maladie, une chirurgie, ou une réduction soudaine de la nourriture. Le risque est de 0,1 à 0,3 %, mais il est mortel si non traité. Les médecins doivent en parler avant de prescrire, surtout si le patient est à jeun ou en période de stress.
Les contre-indications et les précautions
Les inhibiteurs SGLT2 ne sont pas pour tout le monde. Ils sont contre-indiqués chez les patients avec une clairance de la créatinine inférieure à 30 mL/min/1,73 m². En dessous de 45, la dose doit être réduite ou arrêtée. Leur efficacité diminue fortement si les reins ne fonctionnent plus bien.
Les personnes âgées, celles qui prennent des diurétiques, ou celles qui ont une pression artérielle basse risquent une déshydratation. Leur pression sanguine peut chuter brutalement, surtout en été ou après un exercice intense. Il faut boire suffisamment d’eau, et éviter les pertes de liquide.
Canagliflozin est associé à un risque accru d’amputation des membres inférieurs. Ce risque est faible (moins de 1 %), mais réel. Les patients avec antécédents d’ulcères, de neuropathie ou de maladie artérielle périphérique doivent être surveillés de près. L’Agence européenne des médicaments a exigé un avertissement spécifique pour ce médicament.
Comparaison avec les autres traitements
Comparés aux inhibiteurs DPP-4, les inhibiteurs SGLT2 sont bien supérieurs pour réduire les hospitalisations pour insuffisance cardiaque. Comparés aux agonistes du récepteur GLP-1, ils sont moins efficaces pour prévenir les infarctus, mais mieux pour le cœur et les reins. Les GLP-1 réduisent mieux le poids, mais les SGLT2 sont plus faciles à prendre - une pilule par jour, pas une injection.
Voici une comparaison rapide :
| Effet | Inhibiteurs SGLT2 | Agonistes GLP-1 | Inhibiteurs DPP-4 |
|---|---|---|---|
| Réduction de l’HbA1c | 0,5 à 1,0 % | 0,7 à 1,5 % | 0,5 à 0,8 % |
| Perte de poids | 2 à 3 kg | 3 à 6 kg | 0 à 1 kg |
| Réduction de la pression artérielle | 3 à 5 mmHg | 2 à 4 mmHg | 1 à 2 mmHg |
| Réduction des hospitalisations pour insuffisance cardiaque | 30 à 35 % | 20 à 25 % | 0 % |
| Réduction du risque de maladie rénale | 30 % | 20 % | 0 % |
| Mode d’administration | Pilule | Injection | Pilule |
| Risque d’infections génitales | Élevé | Moderé | Faible |
Coût et accessibilité
Le prix reste un obstacle majeur. En janvier 2026, un mois de traitement coûte entre 598 et 642 $ en pharmacie aux États-Unis. En France, les remboursements sont généralement complets pour les patients ayant une maladie cardiovasculaire ou rénale. Mais dans d’autres pays, les patients paient jusqu’à 80 % du prix. Les programmes d’aide des fabricants réduisent ce coût à 10-25 $ par mois pour ceux qui ont une assurance.
Il n’y a pas encore de génériques disponibles. Les brevets expirent entre 2027 et 2029. Jusque-là, les patients doivent choisir entre le coût et les bénéfices. Pour beaucoup, les bénéfices valent le prix - surtout s’ils ont déjà eu une crise cardiaque ou une insuffisance rénale.
Qui devrait les prendre ?
Les inhibiteurs SGLT2 sont idéaux pour :
- Les patients avec diabète de type 2 et maladie cardiaque
- Les patients avec insuffisance cardiaque, même sans diabète
- Les patients avec maladie rénale chronique
- Les patients qui veulent perdre du poids sans risque d’hypoglycémie
Ils sont à éviter pour :
- Les patients avec une clairance rénale < 30 mL/min/1,73 m²
- Les patients avec antécédents de cétose acido-diabétique
- Les personnes à risque élevé d’amputation (diabète sévère, ulcères, neuropathie)
- Les patients qui ne peuvent pas boire suffisamment d’eau
Les dernières avancées (2024-2025)
En octobre 2023, la FDA a approuvé dapagliflozin pour traiter la maladie rénale chronique, même sans diabète. C’est une première. L’essai EMPA-KIDNEY a montré qu’empagliflozin réduisait la progression de la maladie rénale de 28 % chez les patients avec protéinurie. Ce n’est plus un médicament pour le diabète - c’est un médicament pour les reins.
De nouvelles études montrent qu’ils pourraient prévenir l’insuffisance cardiaque chez les personnes à risque, même sans maladie existante. Si ces résultats sont confirmés, les inhibiteurs SGLT2 pourraient devenir un traitement préventif pour les personnes âgées avec hypertension, obésité ou antécédents familiaux de maladie cardiaque.
Comment bien les utiliser ?
- Prenez-les le matin, avant le petit-déjeuner, pour éviter les réveils nocturnes pour uriner.
- Boyez au moins 1,5 litre d’eau par jour, surtout en été ou après l’exercice.
- Arrêtez-les temporairement si vous êtes malade, jeûnez, ou allez chez le chirurgien.
- Surveillez vos symptômes : douleur pelvienne, fièvre, urination douloureuse, nausées, respiration rapide, confusion - ces signes peuvent annoncer une cétose.
- Contrôlez votre fonction rénale tous les 3 à 6 mois.
Les inhibiteurs SGLT2 peuvent-ils causer une hypoglycémie ?
Non, pas en monothérapie. Ils agissent indépendamment de l’insuline, donc ils ne font pas chuter la glycémie trop bas. Mais si vous les prenez avec de l’insuline, des sulfonylurées ou des méglitinides, le risque d’hypoglycémie augmente. Il faut ajuster les doses de ces autres médicaments.
Puis-je les prendre si je n’ai pas de diabète ?
Oui, pour certaines indications. Dapagliflozin est approuvé pour traiter l’insuffisance cardiaque et la maladie rénale chronique, même sans diabète. Les études montrent qu’il protège les reins et le cœur chez les personnes âgées, hypertendues ou obèses, même si leur glycémie est normale.
Pourquoi certains patients arrêtent-ils ces médicaments ?
Les trois raisons principales sont : les infections génitales répétées (24 %), le coût élevé (33 %), et les effets de déshydratation comme la fatigue ou les étourdissements (18 %). Beaucoup arrêtent parce qu’ils ne s’attendaient pas à ces effets secondaires, même s’ils sont bénins.
Est-ce que je dois arrêter si j’ai une infection urinaire ?
Pas nécessairement. Les infections urinaires légères peuvent être traitées avec des antibiotiques sans arrêter le médicament. Mais si l’infection est grave, ou si vous avez de la fièvre, une douleur lombaire ou des vomissements, arrêtez le traitement et consultez votre médecin. Il faut évaluer si le bénéfice dépasse le risque.
Les inhibiteurs SGLT2 font-ils perdre du poids ?
Oui, en moyenne 2 à 3 kg en 6 mois. C’est dû à l’élimination du sucre par l’urine - chaque gramme de sucre éliminé entraîne environ 3,4 calories perdues. C’est un effet secondaire bienvenu, surtout pour les patients obèses. Mais ce n’est pas un traitement pour maigrir - c’est un effet collatéral positif.
Quand devrais-je consulter un médecin immédiatement ?
Si vous avez des nausées, des vomissements, une respiration rapide ou profonde, une confusion, une douleur abdominale ou une odeur de fruits dans votre haleine - même si votre glycémie est normale. Ce sont les signes d’une cétose acido-diabétique euglycémique. C’est une urgence médicale. Ne pas attendre.
Alexandra Marie
Je sais que ça fait peur de voir 'cétose euglycémique' sur la notice, mais j'ai vu des patients qui ont changé de vie avec ces traitements. Mon oncle, insuffisant cardiaque, sans diabète, il a arrêté les hospitalisations. C'est pas un miracle, c'est de la science. Et oui, il boit 2L d'eau par jour, comme il faut.
Je recommande juste de bien écouter son corps, pas de paniquer.
andreas klucker
Les données de CREDENCE et EMPA-KIDNEY sont solides mais il faut contextualiser le NNT. Pour la réduction du risque rénal 30 % c'est un NNT de 15 sur 3 ans. Ce qui signifie que 14 patients traités ne bénéficient pas directement de l'effet protecteur. Le bénéfice individuel dépend fortement du profil de risque basal. Pas de one-size-fits-all.
Et le coût par QALY gagné reste un point critique dans les systèmes de santé à ressources limitées.
Brittany Pierre
OH MON DIEU J'AI ENFIN COMPRIS POURQUOI MON MÉDECIN M'A MIS SUR JARDIANCE 😭
Je pensais que c'était juste un truc pour la glycémie mais non c'est une ARME CONTRE LA MORT CARDIAQUE 😱
Je perds 2,5 kg par mois sans faire de sport et je suis pas en hypoglycémie tous les matins comme avant avec la metformine 😍
Les mycoses c'est chiant mais je mets de la crème et c'est bon 🙌
Et j'ai arrêté de me sentir coupable de ne pas maigrir avec les autres traitements !
Si vous avez une maladie cardiaque ou rénale et que vous hésitez : FAITES LE SAUT. VOTRE CŒUR VOUS DIRA MERCI.
Je vous aime tous les diabétiques 💪❤️
Valentin PEROUZE
On vous cache la vérité. Les labos savent que ces médicaments éliminent le sucre par les reins… mais ils ne vous disent pas que ça élimine aussi les minéraux essentiels. Le potassium, le magnésium… tout part dans les toilettes.
Et qui paie les hospitalisations pour arythmies après ? Vous.
Et le risque d'amputation avec canagliflozin ? Un effet secondaire 'mineur' selon l'EMA… mais combien de pieds ont été amputés pour que les actionnaires gagnent 2 milliards ?
La médecine moderne est un business. Ce médicament est un poison emballé en solution miracle.
Joanna Magloire
Moi j’ai pris le dapagliflozin et j’ai eu une infection urinaire… j’ai arrêté. C’était trop stressant. Je préfère la metformine même si je prends un peu de poids. 😅
Raphael paris
Encore un truc qui coûte 600 balles et que les riches prennent. Moi j’ai pas de maladie cardiaque donc je vais rester sur la metformine. Point.
Et arrêtez de dire que c’est une révolution. C’est juste une autre pilule.
Emily Elise
Vous avez lu les essais ou vous répétez ce que vous avez lu sur Instagram ?
La cétose euglycémique est un danger réel et sous-diagnostiqué. Les médecins ne parlent pas assez de ça. Les patients arrivent en urgence en coma et on se rend compte que c’était prévisible.
Si vous êtes diabétique et que vous faites un jeûne, une chirurgie, ou même une gastro, vous arrêtez ce médicament. POINT FINAL.
Je suis infirmière. J’ai vu des gens mourir parce qu’ils pensaient que 'pas d’hypoglycémie = pas de danger'. C’est faux. C’est pire.
Jeanne Noël-Métayer
La réduction de l’HbA1c de 0,5 à 1 % est statistiquement significative mais cliniquement modeste. L’effet cardio-protecteur est indépendant de la glycémie, ce qui confirme un effet pléiotropique via la réduction de la pression intraglomérulaire et la modulation du stress oxydatif rénal.
Le mécanisme d’action sur les cellules épithéliales tubulaires via la réduction de la consommation d’oxygène est sous-estimé dans les lignes directrices actuelles.
Le risque d’euDKA est amplifié par la déshydratation relative induite par l’osmolarité urinaire élevée - une condition souvent négligée chez les patients âgés polypharmaciés.
La recommandation de boire 1,5 L/jour est insuffisante pour les patients avec BMI >30 - il faut 2,5 L minimum pour maintenir la diurèse osmotique sans risque de prérénal.
Antoine Boyer
Je tiens à remercier l’auteur de ce post pour la clarté exceptionnelle et la rigueur scientifique de l’exposé. Les données présentées sont rigoureusement citées, les bénéfices et risques équilibrés, et les recommandations cliniques alignées sur les dernières lignes directrices de l’ADA et de l’ESC.
Il est rare de trouver une synthèse aussi complète et accessible dans un environnement numérique. Ce type de contenu contribue à l’éducation des patients et à la réduction des inégalités en santé.
Je recommande vivement cette ressource à mes collègues médecins et à tous les patients concernés.
fleur challis
OK mais qui a financé ces études ?
Les mêmes labos qui ont caché les risques du Vioxx, du Seroquel, et de l’aspartame.
Vous croyez vraiment que si ces médicaments étaient si parfaits, ils seraient prescrits à tout le monde ?
Et pourquoi les génériques n’existent pas encore ? Parce que les brevets sont des armes de guerre, pas des outils de santé.
Et si je vous disais que la cétose euglycémique est un piège pour faire repasser les patients en dialyse ?
Parce que la dialyse, c’est rentable. Le traitement préventif, non.
Je vous ai dit tout ça. Vous avez lu ? Ou vous avez juste cliqué sur 'j’aime' ?
Dani Kappler
Le vrai problème, c’est que les médecins prescrivent ça comme une solution magique, sans expliquer les conséquences à long terme. Moi j’ai vu un patient de 70 ans qui a eu une chute à cause de la déshydratation. Il a cassé sa hanche. Et maintenant il est en EHPAD. Et tout ça parce qu’on lui a dit 'c’est bon pour le cœur'.
La médecine moderne est une tragédie. On soigne les chiffres, pas les gens.
Et puis bon, c’est juste une pilule. Mais ça coûte un bras. Et ça marche à moitié. Donc… pourquoi ?