Hypoglycémie et hyperglycémie sévères dues aux médicaments contre le diabète : protocoles d'urgence

Outil de diagnostic d'urgence pour le diabète

Détection d'urgence pour le diabète

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Résultat d'urgence

Important : Si la personne est inconsciente ou présente des symptômes graves, appelez immédiatement les secours (15 ou 112).

Quand une personne atteinte de diabète tombe soudainement inconsciente ou se met à respirer rapidement avec une haleine fruitée, il ne s’agit pas d’un simple malaise. C’est une urgence médicale qui peut tuer en moins d’une heure. L’hypoglycémie sévère et l’hyperglycémie sévère sont deux crises opposées, mais toutes deux mortelles si elles ne sont pas traitées immédiatement. Et pourtant, beaucoup de personnes qui vivent avec le diabète - ou qui les entourent - ne savent pas quoi faire en cas d’urgence.

Qu’est-ce que l’hypoglycémie sévère ?

L’hypoglycémie sévère, c’est quand la glycémie chute en dessous de 54 mg/dL (3,0 mmol/L) et que la personne ne peut plus se soigner elle-même. Elle est souvent causée par une surdose d’insuline, un repas manqué, ou une activité physique intense sans ajustement du traitement. Les symptômes commencent par des sueurs, des tremblements, une faim intense, mais ils peuvent évoluer rapidement vers une confusion, une perte de conscience, ou même des convulsions.

La règle numéro un : ne jamais donner à manger ou à boire à une personne inconsciente. Cela peut provoquer une aspiration, une pneumonie, ou la mort. La seule solution efficace est le glucagon.

Il existe maintenant trois façons d’administrer du glucagon en urgence : une poudre nasale (Baqsimi), une injection automatique (Gvoke), ou l’ancien kit qui demande de mélanger une poudre et un liquide. Les deux premières sont bien plus simples. La poudre nasale agit en 10 à 15 minutes, avec une efficacité de 93 % dans les essais cliniques. L’injection automatique, elle, se déclenche en appuyant simplement sur l’appareil - pas besoin de préparer quoi que ce soit. Ces nouvelles formes ont réduit le temps d’administration de plus de deux minutes à moins de 30 secondes.

Malgré cela, seulement 41 % des personnes atteintes de diabète de type 1 portent toujours du glucagon avec elles. La raison principale ? La peur de ne pas savoir l’utiliser. Et pourtant, une formation de 30 minutes en vidéo augmente la capacité d’administration de 32 % à 89 % chez les proches.

Qu’est-ce que l’hyperglycémie sévère ?

L’hyperglycémie sévère, elle, se manifeste par une glycémie supérieure à 250 mg/dL (13,9 mmol/L), souvent accompagnée de cétones dans le sang ou l’urine. Deux formes principales existent : la cétose acidotique diabétique (DKA) et l’état hyperosmolaire hyperglycémique (HHS). La DKA est plus fréquente chez les jeunes atteints de diabète de type 1. L’HHS touche surtout les personnes âgées atteintes de diabète de type 2.

Les signes ne sont pas toujours évidents. On peut penser à une grippe : soif extrême, urination fréquente, fatigue intense, haleine fruitée, nausées. Mais si on attend trop longtemps, la personne peut tomber dans le coma. Une étude a montré que 58 % des cas de DKA ont été traités avec plus de 12 heures de retard, parce que les patients pensaient que c’était « juste un malaise ».

Le traitement, lui, est radical et hospitalier. Il faut trois choses en même temps : des liquides par voie intraveineuse (1 à 2 litres de sérum physiologique dans la première heure), du potassium pour rééquilibrer les électrolytes, et de l’insuline par perfusion continue. L’insuline est cruciale, mais elle ne doit jamais être donnée en injection sous-cutanée en cas de DKA sévère (pH < 7,0). C’est une erreur fréquente - et dangereuse. Donner de l’insuline sans vérifier les cétones peut provoquer une chute brutale du potassium, entraînant des arythmies cardiaques.

Ne confondez pas les traitements

Voici le point le plus critique : ne jamais donner du glucagon en cas d’hyperglycémie, ni de l’insuline en cas d’hypoglycémie. C’est une erreur qui peut être fatale.

Le glucagon fait monter la glycémie. Si vous l’administrez à une personne en hyperglycémie, vous l’envoyez encore plus haut dans le danger. L’insuline fait descendre la glycémie. Si vous l’injectez à une personne inconsciente à cause d’une hypoglycémie, vous l’entrez en coma irréversible.

La règle d’or : si vous ne savez pas ce que c’est, mesurez la glycémie. Si vous n’avez pas de glucomètre, attendez. Ne faites rien. Appeler les secours est toujours la meilleure option. Le Dr John Buse, dans les normes de l’ADA 2023, le dit clairement : « Si la glycémie ne peut pas être mesurée immédiatement, ne donnez aucun médicament jusqu’à ce que le diagnostic soit confirmé. »

Deux patients en urgence médicale : l&#039;un en hypoglycémie avec glucagon nasal, l&#039;autre en DKA avec haleine fruitée, entourés de moniteurs de glycémie opposés.

Les nouveaux outils qui sauvent des vies

Depuis juillet 2023, un nouveau système a été approuvé aux États-Unis : le « dual-hormone artificial pancreas » (Beta Bionics iLet). Ce dispositif, implanté sous la peau, surveille la glycémie en continu et injecte automatiquement du glucagon quand il prédit une chute. Dans les essais, il a réduit les épisodes d’hypoglycémie sévère de 72 %. Mais il n’est disponible que dans 12 centres aux États-Unis. Le prix ? Plus de 10 000 dollars. Et il n’est pas encore remboursé en France.

En parallèle, les applications mobiles comme « Gvoke HelperApp » (lancée en septembre 2023) guident les utilisateurs pas à pas pour administrer le glucagon. Elles incluent des vidéos, des rappels de date d’expiration, et même un mode « partage d’urgence » pour alerter un proche en cas de besoin.

Le marché du glucagon a explosé : 187 millions de dollars en 2022, avec une croissance de 22,3 % par an. Mais l’accès reste inégal. En France, les patients en régime Medicaid (aux États-Unis) ont 31 % de chances de devoir demander une autorisation préalable pour obtenir du glucagon. En Europe, l’EMA exige maintenant que chaque flacon d’insuline soit accompagné d’un guide d’urgence en langue locale. C’est un progrès, mais pas encore suffisant.

Comment préparer une trousse d’urgence à la maison ?

Voici ce qu’il faut avoir chez soi, en permanence :

  • Un kit de glucagon (nasal ou auto-injecteur - préférez les versions prêtes à l’emploi)
  • Des comprimés de glucose (15 g, soit 4 comprimés de 4 g chacun)
  • Un glucomètre avec des bandelettes de rechange
  • Des bandelettes de test de cétones (urinaires ou sanguines)
  • Une liste d’urgence avec les numéros de téléphone du médecin, du centre anti-poison, et d’un proche de confiance

Entraînez-vous. Chaque trimestre. Utilisez les kits d’entraînement (sans médicament) avec votre famille, votre collègue, ou votre professeur. Une étude montre que 92 % des personnes retiennent la technique six mois après une formation pratique. Sans entraînement, seulement 45 % se souviennent.

Trousse d&#039;urgence diabétique ouverte avec glucagon nasal, comprimés de glucose et application mobile, un enfant forme un adulte à l&#039;utilisation de l&#039;injecteur.

Les erreurs courantes à éviter

Voici les pièges les plus fréquents :

  • Donner du sucre à une personne inconsciente - risque d’étouffement
  • Attendre que la personne se réveille avant d’agir - l’hypoglycémie ne s’arrête pas d’elle-même
  • Donner de l’insuline sans vérifier les cétones - risque d’acidose mortelle
  • Ne pas vérifier la date d’expiration du glucagon - les anciens kits perdent leur efficacité en 6 mois après ouverture
  • Ne pas appeler les secours après avoir administré du glucagon - la réaction peut durer moins de 90 minutes, et une rechute est possible

En France, les infirmières scolaires ne sont pas toujours formées. Un parent sur Reddit raconte comment l’infirmière de son enfant a refusé d’administrer du glucagon parce qu’elle « n’avait jamais vu ça ». Il a fallu appeler les pompiers. C’est inacceptable. Toute école où un enfant diabétique est scolarisé doit avoir un protocole écrit, un kit de glucagon, et un personnel formé.

Les chiffres qui parlent

Si vous ne croyez pas à l’urgence, voici des faits :

  • 6 % des personnes en hypoglycémie sévère non traitée meurent dans les 24 heures
  • 70 % des personnes en DKA non traitée meurent - mais seulement 1 à 5 % si elles sont soignées à temps
  • Seulement 34 % des personnes atteintes de diabète de type 2 sous insuline ont un kit de glucagon - alors qu’elles sont aussi à risque que les diabétiques de type 1
  • Les patients noirs et hispaniques ont 2,3 fois plus de hospitalisations pour hypoglycémie sévère que les patients blancs - à cause de l’accès limité aux médicaments

La technologie avance. Les systèmes intelligents vont devenir plus courants. Mais tant que les gens ne savent pas reconnaître les signes, ni comment réagir, les décès continueront.

Que faire si une personne atteinte de diabète est inconsciente ?

Ne donnez rien à manger ni à boire. Administrez immédiatement du glucagon (poudre nasale ou injection automatique). Si vous n’avez pas de glucagon, appelez les secours (15 ou 112) sans attendre. La personne ne peut pas se réveiller toute seule. Le glucagon est la seule solution efficace en dehors de l’hôpital.

Le glucagon peut-il être utilisé pour traiter l’hyperglycémie ?

Non. Le glucagon augmente la glycémie. L’administrer en cas d’hyperglycémie peut aggraver la crise, pousser la personne en coma hyperosmolaire, ou provoquer une déshydratation mortelle. Le traitement de l’hyperglycémie sévère nécessite des liquides, du potassium et de l’insuline par perfusion - uniquement dans un hôpital.

Comment savoir si une personne a une cétose acidotique ?

Recherchez trois signes : une glycémie supérieure à 250 mg/dL, une haleine fruitée (comme des pommes pourries), et des nausées ou vomissements. Testez les cétones avec une bandelette urinaire ou sanguine. Si le résultat est supérieur à 1,5 mmol/L, c’est une urgence. Appellez les secours immédiatement. Ne tentez pas de traiter cela avec de l’insuline à la maison.

Pourquoi les kits de glucagon traditionnels sont-ils moins utilisés ?

Ils sont compliqués à préparer : il faut mélanger une poudre et un liquide, puis aspirer et injecter - une série de gestes difficiles sous le stress. Seuls 42 % des proches réussissent à les utiliser correctement. Les nouveaux kits (nasal ou auto-injecteur) sont plus simples, plus rapides, et plus fiables. La plupart des médecins les recommandent désormais.

Le glucagon est-il remboursé en France ?

Oui, les kits de glucagon (y compris les formes modernes) sont remboursés à 65 % par la Sécurité Sociale en France, sous condition d’ordonnance médicale. Les patients en situation de longue maladie (ALD) peuvent bénéficier d’un remboursement à 100 %. Vérifiez avec votre médecin ou votre pharmacien pour les modalités exactes.

Quand faut-il appeler les secours ?

Appellez les secours (15 ou 112) dans les cas suivants : si la personne est inconsciente, si elle a des convulsions, si elle a des signes d’hyperglycémie sévère (haleine fruitée, vomissements, respiration rapide), ou si après avoir administré du glucagon, elle ne reprend pas conscience dans les 15 minutes. Même si elle se réveille, il faut un suivi médical - une rechute est possible.

1 Commentaires

  • Alexandre Z

    Alexandre Z

    janvier 23, 2026 AT 23:47

    Franchement, j’ai lu ça en 2 minutes et j’ai déjà peur de mourir en mangeant un biscuit. Le glucagon, c’est le nouveau Batman du diabète, mais personne n’a le budget pour le cape.

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